Le petit monde de Jean-Marie Combe

Crée et mise en scène comme un théâtre baroque en miniature, chaque armoire-crèche requiert un savant et délicat travail de cartonnage, dans la tradition des ornemanistes du 17e siècle : mêlant carton et papier mâché, colles de peaux de lapin, de poissons, d’os, pigments naturels, rameaux d’herbes de la garrigue devenant arbres… avec infiniment d’amour et de tendresse, de talent et de savoir-faire.

Travaillées à la feuille d’or ou d’argent, patinées à l’ancienne ou peintes, répliques des armoires traditionnelles d’Uzès, les crèches de Jean-Marie Combe sont un merveilleux petit monde en miniature. Magique et poétique. De très nombreux petits mondes, à vrai dire, toujours réinventés, qui se font écho et se répondent. Car chaque crèche est une histoire à elle-seule, avec son paysage, son décor, ses personnages. Tout y est fabriqué à la main, réalisé avec minutie et dans les règles de l’art si délicat des ornemanistes d’autrefois : les maisons, les décors, les murs et les ruelles, chaque tuile et chaque fenêtre. Mais aussi les délicates ferronneries, répliques exactes des chef-d’œuvres ouvragés qui les ont inspirées. Et la patine, essentielle et réalisée selon la technique dite de la “terre pourrie” (mélange de terre cuite blanche et de mousse verdâtre appliquée à la gomme laque) pour donner l’impression de la poussière sur la feuille d’or et casser ainsi le brillant trop vif qui romprait le charme. Les paysages et les natures mortes sont peints dans le style des 17e et 18e siècles italien et provençal, les santons réalisés à la main par des artisans santonniers de renom. C’est une mise en scène minutieuse qui, comme au théâtre, fait naître un univers. Dense, peuplé, vibrant. Vivant. Car elle a une âme: celle de Noël.

L’armoire-crèche, dans l’absolu... n’existe pas. C’est une création de l’artiste. Mais si juste, si évidente qu’elle semble avoir toujours existé. Elle s’inscrit pleinement dans la continuité des mises en scène de Nativité que l’on trouve en Provence depuis des siècles, réalisées dans un objet, écrin profane au départ mais transmuté en châsse protectrice par la grâce et la magie de son contenu : cruche cassée, coffret-tabernacle, œuf de poule ou d’autruche...les cadres variaient selon les moyens de la paroisse ou des donateurs. Réalisée en six étapes, chacune des armoire-crèche de Jean-Marie Combe est une création systématique, un objet unique où les santons prennent vie dans un décor réalisé tout en finesse, à base de thym, de liège, de sable du désert, de poudre de velours, de cailloux ... et rassemble tout le petit monde des santons provençaux, de l’ange Boufareo soufflant dans sa trompette, au couple âgé sous son grand parapluie rouge. En passant par le tambourinaire, l’Arlésienne, la farandole, la femme à la citrouille ou à la lanterne, Pistachié, la Bastidine, le meunier... au gré de la fantaisie du peintre.

Jean-Marie Combe, peintre, ornemaniste et miniaturiste provençal, vit et travaille dans un paysage à la Giono de la Drôme provençale, près de Nyons. Né en 1945, dans une famille originaire de Carpentras, il se découvre très tôt une vocation de peintre. Suivant son goût pour les représentations et la précision des paysagistes baroques, il s’imprègne de l’art pictural du XVII e et XVIII e siècles, surtout italien, et plus particulièrement toscan, dont il aime la lumière. Il s’intéresse à l’art du meuble peint, art très développé en Italie, justement – il peindra donc des meubles : de peintre-paysager, il devient ornemaniste. Mais ce qui le passionne plus que tout, c’est l’art de la miniature. Le meuble miniature n’existe pas : il en créera donc. Et l’armoire-crèche, peu à peu, est née... transportant, depuis plusieurs années, au gré des expositions et des articles, la Provence et la lumière de Toscane aux quatre coins du monde.

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